Ma nouvelle vie de grindeur ? Ca DoN grave !

Publié le par Xewod

Lorsque j'ai eu l'idée de débuter mon défi, je ne savais pas à l'avance quelle orientation allait prendre ma stratégie. La seule chose que je savais, c'est que je ne toucherai pas au Cash Game, beaucoup trop dangereux pour ma personne.

Alors, j'ai lu des livres de poker, des forums, observé les grands joueurs online et ai visionné des évènements poker à la télévision.

Sans le sou au départ, j'ai donc dû me résoudre à jouer des freerolls pendant des heures et des heures à la suite.

Un freeroller c'est comme un chercheur d'or, qui dispose d'un tamis dont les mailles sont plus grandes que les pépites qu'il recherche et qui court après un trésor qui s'avère dans la plupart des cas bien décevant comparé aux efforts fournis.

Cependant, deux vertues essentielles ressortent de cette expérience unique dans le monde du poker : la patience et l'acquis de notions très précises quant à la valeur d'un jeton en real money.

Au contraire du primo déposant qui a rarement ces valeurs ancrées en lui. Qu'il ait déposé 10, 20 , 50, 100 ou 1000 € la première fois, dans la plupart des cas il perdra cet argent et bien souvent plusieurs dépôts seront nécessaires avant qu'il ne se rende compte qu'il est un joueur perdant. Trois solutions s'offre alors à lui :

A : il fait mine d'ignorer son passif et continue ainsi. il devient alors un grand perdant sur le long terme (un fish éternel).

B : il arrête purement et simplement le poker par dégoût des sommes perdues ou par lassitude de ne pas gagner.

C : il prend conscience que quelque chose ne va pas au niveau de son jeu, il se met alors à apprendre sérieusement pour devenir un joueur gagnant sur le long terme.

Pour ma part je n'ai jamais déposé et ma vie de freeroller est en train de s'éteindre jour après jour pour laisser place à ma nouvelle vie de grindeur.

Grinder, c'est jouer au poker sur de nombreuses tables à la fois en espérant de petits profits cumulés. C'est comme grignoter un gigot d'agneau avec les dents de devant petit bout par petit bout, ou bien encore reconstituer une baguette avec des miettes exception faite que la baquette dans ce cas précis, c'est la bankroll du grindeur.

Tel un travail d'ouvrier d'usine qui fait les trois-huit, grinder c'est très mécanique, long, répétitif, pas très glamour. Aux antipodes de l'image du joueur qui s'en met plein les poches à chaque coup, cocktail à la main, poules à chaque bras et connu comme le loup blanc dans toutes les poker rooms de Vegas 

Grinder, c'est un effort solitaire et ingrat, peu motivant et pas très valorisant auprès de ses pairs.Le grindeur est isolé donc, bien qu'entouré d'une multitude d'autres joueurs sur les nombreuses tables qu'il ouvre, ces joueurs sont tels des collègues à qui il doit faire les poches en toute impunité.

Certains de ses collègues sont dans "la boite" depuis un long moment, ceux là il ne vaut mieux pas s'en approcher sous peine de se prendre un bourre-pif illico presto. Les autres, les joueurs intérimaires, les petits nouveaux et les joueurs en CDD ne connaissent pas bien le règlement intérieur et sont beaucoup plus prompt à laisser s'envoler leur deniers, ni vu, ni connu.

Un joueur ne peut être gagnant sur le terme que s'il accepte la variance inhérente au poker en adaptant ses mises à sa bankroll et s'il joue contre des joueurs plus faibles que lui en moyenne.

Gagner le Sunday Million ça n'arrive qu'à 52 joueurs par an sur des millions de pratiquants online, pourtant c'est ce type de tournoi et de récompense qui parle à la majorité des joueurs de poker.

Le grindeur lui n'en a cure, pendant que milliers de flambeurs s'étripent à coup de all-in en rêvant des sommes astronomiques promises au vainqueur, lui joue méthodiquement coup après coup, remporte ses quelques dollars de l'heure sans strass, ni paillettes. Il sait pertinnement que sur le long terme le grand gagnant ce sera lui.

Personnellement, je me sens à l'aise dans cet exercice rébarbatif, qui peut paraître usant et inutile pour certains au vu du temps passé et des sommes gagnées. Je sais pertinemment que mon objectif final passera encore par des centaines et des centaines d'heures de grindage et je suis prêt à cela.

Tout ceci pour vous dire que comme le dit si bien l'expression populaire : petit à petit l'oiseau fait son nid. Je sens actuellement en grindant mes DoN 1 $ Turbo, que je suis en train de poser les premières brindilles de mon futur nid, qui je l'espère sera très confortable dans quelques temps.

Publié dans Humeur

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thaligab22 11/06/2009

Très jolie théorie que beaucoup devraient suivre,et pas seulement dans le monde du poker.

DavidLPoker 12/06/2009

Bon article. Courage et prends le temps de passer au niveau superieur.

Xewod 12/06/2009

Merci David