Dans l'oeil de la joueuse pro : Octobre ou le mois qui fait attendre Novembre avec impatience!

Publié le par Xewod

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J’ai décidé de transformer mes articles pour ce blog. Plutôt que de faire des papiers totalement indépendants les uns des autres, je vais écrire quelque chose qui s’apparentera plus au journal d’une joueuse pro. Libre à vous de me dire ce que vous en pensez.

N’ayant joué que deux tournois, la fin du mois de septembre fut assez calme, d’autant plus que je n’étais pas en grande forme pour le premier : le Barrière Poker Tour de Bordeaux. C’est la première fois, que lors d’un tournoi, je jouais mal tout en m’en rendant compte mais sans pour autant réussir à inverser la tendance. J’ai dû quitter plusieurs fois la table car j’avais du mal à me concentrer. Cela n’a pas duré longtemps car je suis sortie du tournoi au bout de deux niveaux, notamment après une énorme livraison à Benjamin Pollak qui n’a pas très bien compris ce qu’il se passait (je vous passe le coup car c’est de l’ordre de l’inacceptable). Même si j’étais déçue, je savais que je n’avais aucune chance de faire un résultat dans cet état.

J’aurais dû annuler cette étape mais je sous-estimais l’impact négatif de mon moral qui était à ce moment là assez bas. Je ne réitèrerai pas cette erreur. Le jeu responsable passe aussi par là : savoir quand il ne faut pas jouer, sponsorisé ou non.

Après cette étape, j’ai relâché la pression en prenant une semaine de repos. J’ai beaucoup lu, notamment le dernier Bret Easton Ellis : Imperial Bedrooms. Si vous ne connaissez pas cet auteur, je vous le recommande chaudement. Il dépeint la jeunesse pourrie gâtée de Los Angeles (en tout cas, dans ces précédents opus) : blasée, cocainée et constamment alcoolisée. Ce roman est la suite de « Moins que zero », 20 ans plus tard.

Dans un autre genre, je suis entrain de lire « La conjuration des imbéciles », véritable chef d’œuvre de John Kennedy Toole. C’est un des meilleurs romans que j’ai pu lire ces dernières années. Il joue de l’absurde comme peu d’écrivains en sont capables.

A peu près remise de mes émotions du week-end précédent, j’ai décidé de participer au tournoi « 1000 euros de Wagram », le 25 septembre. J’aime beaucoup ce cercle. Outre le fait que la directrice de la communication est une de mes meilleures amies, je m’y sens bien.

Pendant ce tournoi, j’ai été card dead pendant tout le day 1 à une table qui ne se laissait pas trop faire. Tous mes 3bet étaent suivi, en position ou non, tous mes cbet aussi donc c’est devenu rapidement compliqué.

J’ai cru que ma chance al...lait tourner lorsque je me suis retrouvée à la table de Clément Thumy avec 20 BB devant moi. J’allais pouvoir resteal assez light (vu que le jeune homme a une opening range disons ...large. Je ne pense pas que je me serais estimée si chanceuse si nous avions chacun eu 200BB, par contre...). Malheureusement, il a quitté la table dès mon arrivée. Yann Brossolo a pris sa place quelques mains plus tard. J’ai eu le temps d’effectuer cette manœuvre une seule fois sur lui avant la fin de la journée Avec 13,5 blindes à la reprise, les décisions du lendemain allaient être on ne peut plus simples.

Il n’y a pas grand chose à dire sur mon jour 2. J’ai volé 2, 3 fois les blindes avant de sauter sur un coin flip. Du très standard.

Après ce tournoi, j’ai fait une pause pour me consacrer à un projet qui me tient vraiment à cœur et dont je vous parlerai peut-être plus tard car pour le moment, c’en est encore à un stade embryonnaire.

J’ai aussi pas mal joué online, sur BarrierePoker.fr et me suis rendue compte que je runais bien mieux online.

Le 10 octobre, direction Namur, pour le BOPC, le fameux championnat de Belgique dont la structure est si réputée. L’année dernière, j’avais beaucoup regretté de ne pas y participer. Malheureusement, je n’ai pas brillé dans ce tournoi  : un set up, deux suck out, des petits coups infructueux, un 70/30 à tapis perdu et direction la sortie.

J’ai beaucoup discuté de mon bad run avec des joueurs qui ont pu connaître la même chose. Je pense être suffisamment honnête avec moi-même pour faire la différence entre les tournois dans lesquels je n’ai pas joué de manière optimale et ceux dans lesquels les statistiques me trahissent avec acharnement.

Les réponses sont toujours les mêmes, évidemment : je ne dois pas modifier mon jeu, c’est mathématique, « ça » va tourner etc. Je le sais. Biensur. Mais est ce que ça rend les choses plus faciles à vivre ? Non.

Mon plus gros problème à ce sujet est que désormais, je me remets en question lorsque je ne devrais pas. Cela s’est produit lors de mon dernier tournoi en date : le Barrière Poker Tour de Lille qui s’est déroulé le week-end du 23 octobre. Pour l’anecdote, ce tournoi se différenciait des précédents tournois du Barrière Poker Tour car c’était la première fois que BarrierePoker.fr proposait des qualifications online pour un tournoi en dur. C’est intéressant car cela permet de créer une vraie passerelle entre le on et le off. Cette expérience se renouvelle d’ailleurs pour la finale du Barriere Poker Tour à Enghien-les-Bains qui se déroulera du 11 au 14 novembre.

Sans rentrer dans les détails, je me retrouve avec AJss sur JJQ55. Nous ne sommes plus que 2 dans le coup. Le pot est énorme. Je suis hors de position et je décide de checker pour laisser mon adversaire bluffer. Je suis convaincue qu’il ne peut détenir que 3 mains : AA, KK, AK. L’action et la taille des mises préflop exclut qu’il possède QQ et QJ. Bref « j’ai les nuts ». Jusque-là, tout va bien !

Sauf qu’il shove sans l’ombre d’une hésitation. Il me couvre. Et d’un coup, j’ai soudainement des doutes. Je remets tout mon raisonnement en question. Je commence à me convaincre qu’il a QQ alors que j’avais totalement exclut cette main de sa range !

Je prends du temps. Je refais le coup encore et encore dans ma tête. Je ne veux pas laisser mon bad run et ma peur de sauter à nouveau d’un tournoi orienter ma décision.

J’ai alors fait quelque chose que je ne fais vraiment jamais mais dont j’ai vu les preuves maintes fois en cash game : j’ai commencé à discuter avec mon adversaire.

« Vraiment, tu as QQ .. ? »

« Ah non, je n’ai pas QQ ! »

Sa réponse était tellement spontanée et naturelle que j’ai instantanément su que la probabilité qu’il soit entrain de mentir était absolument nulle. J’ai payé, il était en bluff avec AK.

Ce coup est le parfait exemple du sabordage de soi-même par manque de confiance et il faut vraiment que je travaille là-dessus.

Je n’ai pas fait de résultats dans le main event. J’ai sauté avec les As contre les Dames pour un pot monstrueux du 500 deepstack. J’ai tout de même fait un petit résultat en gagnant le 175 knockout du dimanche. Même si c’est une performance minime, je dois admettre que c’est réconfortant de gagner quelques coups à tapis en commençant devant et en le restant…

Mon programme pour le mois prochain :

-le 3000 des Hold’hem Series, à l’ACF

-le WPT Amnéville

-la grande finale du BPT à Enghien

-le WPT Marrakeck

Lucille Cailly, membre de la Team Pro BarrierePoker.fr

Commenter cet article

LadyCats13 02/11/2010 19:05



Merci Lucile pour tes articles toujours super agréables à découvrir. J'aime ton humilité. Grande dame et grande classe. See you in Enghien. Bizz



Luis 31/10/2010 09:45



J'aime beaucoup cette rubrique. Vivement le prochain article.



Kof 30/10/2010 14:23



Toujours aussi agréable à lire, on en veut encore !



thorgalxiii 30/10/2010 13:18



très sympa cet article, on peut ainsi constater que l'on a parfois les memes doutes à différents niveaux. GL



stefal 30/10/2010 11:06



Toujours sympas ces incursions dans la vie des pros.