I will always love her

Publié le par Xewod

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Nous nous étions quittés sans un mot, un jour de juin au petit matin. Une dernière nuit passionnée, avant qu'elle ne déclare sa flamme au très respectable ARJEL devant la France entière. Elle. Mon 1er amour. La poker-room avec qui j'avais passé mes jours et mes nuits, celle à qui j'avais promis fidélité éternelle, venait de me trahir sans remords et sans se retourner.

Le choc fut terrible. J'ai eu beau me pincer, me passer la tête sous l'eau froide, taper à sa porte en pleine nuit, pourtant rien n'y a fait. La mort dans l'âme, j'ai bien dû me rendre à l'évidence : nous n'étions plus faits l'un pour l'autre. C'est vrai que depuis des mois elle m'avait fait part de ses doutes, de ses angoisses, de cette lassitude de vivre dans l'illégalité et qu'elle me disait aspirer à une vie conformiste. Comme seule réponse, j'avais fait la sourde oreille... Naïvement, j'ai crû pouvoir balayer ses craintes en lui disant qu'entre elle et moi c'était double or nothing. En choisissant de se camenbériser, elle avait choisi le mariage de raison. Son faire-part de fiançailles était là pour me le rappeler sans cesse. Je n'avais plus que mes yeux pour pleurer.

Comment était-ce possible ? Comment avait-elle pu me faire ça à moi ? Nos souvenirs communs étaient pourtant si nombreux. Et dire qu'ensemble nous avons fait les 400 000 mains, dressé des tables aux trois-cent convives, prévu de partir l'un et l'autre au bout du monde. Bien évidemment, ce serait vous mentir que de vous dire que notre relation était parfaite. Comme dans toute passion, les « je t'aime moi non plus » rythmaient nos jours. Pourtant, je finissais toujours par revenir, ne résistant jamais très longtemps à ses charmes.

Et puis les semaines et les mois ont passé. Comme pour l'oublier, j'ai papillonné ci et là, mais le cœur n'y était pas. De son côté, elle avait l'air de s'épanouir dans sa nouvelle vie. Ces derniers temps, je la regardais du coin de l'œil... Hors de moi, quand je voyais mes amis festoyer à ses côtés : la FCOOP était pleine ! D'ailleurs, comme pour me faire comprendre que nous devions rester bons amis, elle m'avait envoyé une invitation pour me joindre à sa pendaison de crémaillère. Je n'y ai jamais répondu.

Et puis, l'autre nuit, Tiwaz fait clignoter mon Messenger : « Chris, je suis bien sur le High-Roller FCOOP à 1000 € ». Le jeune homme est chipleader, alors qu'il ne reste que vingt participants dans le tournoi. Les 33 000 € revenant au vainqueur (me) laissent rêveur : fidèle à elle-même, elle a toujours su trouver les mots.

Je monte illico-presto un comité de soutien aimésainien, composé de : Rednoise, JFCEZ et Léoledingo. Mais voilà, je n'ai que mon imaginaire pour visualiser les mains jouées par mon ami. Alors j'ai craqué ! L'icône sur mon bureau, que j'avais mise à la poubelle, est réapparue comme par magie, d'un simple clic sur le bouton téléchargement. Immédiatement, et comme s'il s'agissait de la 1ère fois, je redécouvre ses courbes qui m'ont tant séduites quelques années plus tôt. Je passerai des heures à l'observer sans dire un mot, tandis qu'elle se jouait malicieusement de Tiwaz qui terminera en 4ème position pour 6227 €. À l'aube, je me suis éclipsé sans laisser de traces. Je savais bien que j'avais joué avec le feu. Pourtant, je me forçais à croire qu'il s'agissait d'une nuit sans lendemain.

Peut-être sans lendemain, mais pas sans surlendemain. Lundi soir, je vois l'icône me faire les yeux doux au loin. Je décide alors de de réapparaitre au grand jour. N'osant croire que j'étais revenu, elle me demande mes papiers : je m'exécute ! C'est alors qu'elle me propose de me prendre en photo pour sceller l'instant, je lui offre une vodka. Mon présent d'une vingtaine d'euros lui fît bien comprendre que si j'étais de retour, rien n'était gagné pour autant... elle allait devoir faire ses preuves !

Je fais le tour du propriétaire. Son modeste studio n'a plus grand chose en commun avec son ex loft haut standing, mais il parait douillet. Je m'installe à table. Objectif : m'inviter au festin de dimanche à 500 000 €. Tour à tour : je suis à l'aise, je transpire, puis tombe de ma chaise... me voyant souffrant, elle m'offre tout de même une part du gâteau. Puis elle me propose un dernier verre, que j'accepte bien volontiers. Je reste chez elle jusqu'au bout de la nuit, avec Sharkscope comme seul témoin de notre rabibochage.

De retour mardi soir, puis mercredi soir, nous ne pouvons d'ores et déjà plus nous quitter. Comme si nos discordes de ces mois passés n'avaient jamais existé. Aux petits soins avec moi, elle me gatte sans cesse... Il paraît que l'amour est éternel : alors pourvu que dure !

Publié dans Humeur

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T
<br /> <br /> Très beau et tellement vrai. Tu exprimes bien ce que beaucoup ont resenti.<br /> <br /> <br /> Une maitresse qui fait gagner de l'argent à certains ... mais qui en fait perdre à d'autres, lol.<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Enorme post, quelle imagination. Bravo !<br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> On dirait du Stefal, tellement c'est bien écrit, narré, relaté.<br /> <br /> <br /> Superbe post.<br /> <br /> <br /> On dit qu'on retrouve toujours un jour ses premières amours<br /> <br /> <br /> <br />
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K
<br /> <br /> Quelle belle déclaraion !<br /> <br /> <br /> Comme d'hab du grand Chris, je me suis régalé à lire ce post, tu as même réussi à remplacer mes grosses larmes dues de la sortie de scène de Xavier, par une petite larme d'attendrissement...<br /> <br /> <br /> Xewod N°1 for ever ;o)<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> .....y avait longtemps.........mais çà fait du bien. Un trés grand article!! Content de voir que tu n'as pas perdu ton talent ;o)<br /> <br /> <br /> <br />
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