Rendez-vous, 104 Avenue des Champs-Elysées (Part 1)

Publié le par Xewod

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Il y a quelques jours, je vous avais laissé alors que j'étais tout juste de retour de Marrakech. Avant de vous conter ma soirée VIP à l'ACF, petit retour sur les péripéties qui comme de coutume ont rythmé mes déplacements cette dernière semaine. Entre Pekin et Midnight Express, c'est parti mon kiki !

Marrakech – 15 septembre - 16h00

Il est temps de quitter l'hôtel Kenzi Farah qui nous a accueillis huit jours durant. A bord du taxi qui nous mène à l'aéroport, Tiwaz, j.m Optimise et moi-même n'échangeons pas un mot... Fatigue, chaleur accablante (45 dégrés) et vague à l'âme, nous savons qu'il est l'heure de retrouver nos petites vies de geeks, prostrés derrière nos PC.

Dernière cigarette, enregistrement des bagages, contrôles de sécurité... jusqu'ici tout va bien ! Puis en consultant les écrans de l'aéroport, nous découvrons que dans la liste des vols prévus, un seul avion est annoncé comme retardé. Vous l'aurez compris, il s'agit du vol que Tiwaz et moi partageons. Rien de bien grave, si ce n'est deux heures d'attentes supplémentaires... Tiwaz qui avait courageusement accepté de partager mes trajets aller-retour me jette alors un regard assassin et me glisse froidement : « Ça (re)commence ! »

Peu à peu la zone internationale de l'aéroport se vide. Les boutiques duty-free ferment tour à tour. Puis c'est enfin l'heure de monter dans l'avion qui doit nous mener à Lyon. L'avion décolle, le vol se déroule sans encombre : Tiwaz ronfle paisiblement...

Aéroport de Lyon Saint-Exupéry – 16 septembre – 01h30

Arrivés dans la capitale des Gones, nous apprenons que la dernière navette-tramway pour le centre ville est partie à minuit. Zut : sans ce fichu retard nous étions dans le tempo !

Frigorifiés par la dizaine de degrés qui règne sur Lyon et passablement amorphes, c'est alors qu'un homme mystérieux en début de trentaine nous aborde timidement : « Bonsoir messieurs. Je ne veux pas vous importuner, mais est-ce que vous êtes à la recherche d'un taxi ? ». Sans fioritures, je lui rétorque : « Officiel ou clandestin ? ». Il pointe alors du doigt son véhicule chapeauté par l'insigne taxi. Une brève discussion s'ensuit... l'homme après avoir consulté ses collègues nous annonce un prix d'environ 65 € au compteur pour nous transporter en ville. La somme nous paraît importante, mais à défaut de tout autre plan B nous finissons par accepter et montons dans la voiture.

Le chauffeur semble stressé, peu sûr de lui et est extrêmement avenant... presque trop. A mille lieux de l'archétype du taxi à la française. Nous lui demandons s'il peut nous déposer devant un bar ou un resto de nuit... il n'en connait pas ! A peine la voiture démarrée, voilà qu'il nous pose déjà ses 1ères questions :

  • « Vous êtes DJ's, c'est ça ?

  • Euh non...

  • Vous vous rendez souvent à Marrakech ?

  • Ça nous arrive de temps à autre effectivement.»

Comme toujours, lorsque je parle avec des personnes extérieures au monde du poker, j'essaie astucieusement d'éluder le sujet. Mais cette fois, face à l'insistance des questions, nous finissons par lui avouer que nous revenons du Maroc après avoir joué une série de tournois. Et comme toujours :

  • « C'est Patrick Bruel qui est fort au poker ! Il est champion du monde, non ? »

Bref, nous taillons une bavette le temps du trajet... Arrivés dans le centre ville, nous descendons devant la gare de Lyon Pardieu, payons et remercions le chauffeur. Quelques secondes plus tard, un véhicule de police passe devant nous au ralenti et nous observe. R.A.S !

Il est un petit peu plus de deux-heures du matin. La gare est fermée et nous avons plus de quatre à tuer dehors avant de pouvoir monter dans nos trains respectifs . Bien décidés à trouver un bar aux alentours pour nous poser, nous décidons de partir valises en mains en quête d'une bière et d'un peu de chaleur.

Bien que les rares passants nous informent que nous ne trouverons rien d'ouvert à cette heure tardive, notre obstination nous mènera tout de même jusque dans un bar à tapas. Enfin assis au chaud : nous comptons bien enchainer les Heineken jusqu'au petit matin ! Mais moins d'un quart d'heure après notre arrivée, la tenancière des lieux avorte nos espoirs « Messieurs le bar ferme dans cinq minutes ». Shit !

Retour à la case départ. Cette fois nous n'y couperons pas : il va nous falloir attendre durant plus de trois heures devant un hall de gare fermé. C'est alors qu'un jeune homme surgit de la nuit. Visiblement atteint d'un crise de schizophrénie aiguë, nous assistons médusés et gelés à un remake du film Fight-Club. Entre hurlements et coups dans le vide, le jeune homme et son ennemi invisible mèneront un combat de plus de deux heures sous nos yeux. La tension est à son comble...

Et puis Ô miracle ! Vers cinq-heures-trente du matin, la gare ouvre ses portes. Dans un état proche de l'Ohio , nous attendons avec impatience que les 1ères brasseries lèvent leurs grilles métalliques pour enfin pouvoir nous réchauffer autour d'un très attendu petit-déjeuner.

C'est alors que surgissant de nulle part, des officiers de police judiciaire et autres agents de la P.A.F (police des airs et des frontières) nous encerclent. Sûr de leur coup et sachant visiblement que nous revenions du Maroc, l'un d'eux me lance : « Vous savez pourquoi nous vous interpellons ?! Je vous donne le temps du trajet jusqu'au poste pour réfléchir à combien de kilos vous dissimulez dans vos valises ! ». Je ne réponds pas.

Sous escorte et sans un mot, nous sommes en marche jusqu'au poste de police qui se trouve à proximité. Le temps du trajet, je comprends vite que nous avons été pistés depuis de nombreuses heures déjà. On s'était bien dit avec Tiwaz que le taxi aux mille questions était étrange. Mais de là à penser qu'il s'agissait d'un flic ou un indic. What the fuck !

Le regard que me jette Tiwaz avant de pénétrer dans les locaux de la police me fait comprendre que si nous ne transportons aucune marchandise prohibée, il va tout de même falloir que l'on soit suffisamment persuasifs pour justifier les presque 6000 € de gains poker contenus dans son portefeuille... au moment même où nous sommes arrêtés en tant que plausibles trafiquants de drogue. Pas gagné !

Selon Michael Blanc : « un bagage quand on est douanier, c'est comme une boite de chocolat... on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Alors en lieu et place de kilos de résine de cannabis, le policier chargé d'inspecter ma valise tombera nez à nez avec mon sachet de linge sale ! Semblant déçus de ne pas trouver leur bonheur, les policiers finiront par abdiquer, sans bien même remarquer la dizaine de billets de 500 € que contenait le « larfeuille » de mon compère. Ouf !

A peine sortis du commissariat, j'accompagne Tiwaz sur le quai. Il doit déjà monter dans son train le menant à Besancon : nos routes se séparent...

Gare de Clermont-Ferrand – 16 septembre – 11h00

Adossé au mur de la gare, je ne tiens plus debout. Voilà maintenant plus de deux heures que mon train est arrivé dans la ville du Bibendum, et toujours pas de Mme Xewod à l'horizon !

Soudain, trois véhicules de police (deux paniers à salade et une voiture) déboulent à vive allure et se garent sur le parking minute. A ce moment précis, je ne sais pas pourquoi, mais je sens que cela va encore mal tourner pour moi.

Bingo ! Une dizaine de policiers se dirige directement dans ma direction. Sans force, je me laisse interpeller et menotter. Je monte dans l'un des véhicules. Désabusé, je ne lâche pas un mot et ne trouve même pas opportun de leur demander ce qu'ils me reprochent. Après avoir contrôlé mon identité, ils me libèrent en s'excusant et m'expliquent que la gare a signalé ma présence en pensant m'avoir reconnu sur une fiche de signalement : apparemment je correspondais en tous points à un criminel activement recherché.

Deux heures plus tard, j'aperçois au loin la Xewodmobile qui vient finalement me récupérer. En guise de mari, ma femme trouve une loque à peine capable d'aligner deux pas consécutivement. Trois heures de route plus tard, me voici enfin de retour dans mon jardin d'Eden, sur le plateau de millevaches auprès de mes brebis...

Naivement, je crois alors pouvoir récupérer durant les quatre jours qui me séparent de mon rendez-vous fixé au : 104, Avenue des Champs-Elysées. A suivre...

Publié dans Divers

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anneaux76 24/09/2010 23:19



Salut Chris, en même temps si tu te laisser prendre en photo de temps en temps, avec la renommée que tu as, (oui, oui, même chez nos amis policiers) et bien tout ça ne serait pas arrivé. Imagine "mais non c'est Mr Xewood qui revient sans doute d'un de ses merveilleux tournois qu'il
organise, veuillez nous excuser ...." et hop à la Bruel quoi. Enfin moi j'dis ça, j'dis rien


Bonne suite à toi


alex



paplas 24/09/2010 20:24



Ils ont le nez fin les poulagas, bandit de grand chemin !



SimEFP 24/09/2010 14:36



MDR l'histoire ! Plus poissard que ca c'est dur...



Rincevent 24/09/2010 11:53



Trop bon ça!


Même si je l'avais plus ou moins entendu oralement, j'avoue que narré à l'écrit ca prend une saveur digne d'un polar ;)


Dire que je me dis poissard... En fait je suis un sacré veinard... de ne jamais voyager avec toi :)



TiTi PoKEr 24/09/2010 10:41



Il aut absolument que je me souvienne de ne JAMAIS voyager avec toi . L'idée de Red a du bon, best seller garanti, et
passage chez Rucquiez obligatoire pour (re)vivre ces aventures de vive voix ....


Je n'ose imaginer le déplacement de l'ACF ...