Retour de variance

Publié le par Xewod

boomerang_02.gif

Alors que je vous annonçais hier avoir cumulé près de 10K$ de profits en un mois de grind MTT, je souhaite revenir dans cet article sur cette variance qui peut nous faire tant de mal ou tant de bien.

Tout d’abord, comme je l’ai dit dans des articles précédents, j’ai beaucoup réfléchi à mon jeu avant de m’y remettre. Seulement voilà, même avec la meilleure des stratégies, si la pièce ne tombe pas plus ou moins équitablement du bon côté, tout se complique très rapidement. Quand je parle de pièce, les all-in sont bien sûr en question, mais bien plus largement, il existe mille et un paramètres sur lesquels nous n’avons pas de prise au poker (setup à la river, walks avec AA en main, place à la table en MTT, etc).

Si je parle de chance, c’est que je n’ai jamais sous-estimé cette variable intangible dans le poker.  Pour aller plus loin, je dirais que même parmi les joueurs gagnants, il y a ceux qui sont parfaitement conscients qu’elle joue un rôle primordial dans leurs résultats et d’autres qui tentent de la minimiser dans leurs propos.

En MTT encore plus qu’en cash-game, la variance est le pire ennemi du grinder. Dans un sens comme dans l’autre. En effet, quand tout va bien, on a tendance à ne pas vouloir croire que le bad-run pourrait pointer son nez dès le prochain tournoi ou la prochaine session de CG. Quand tout va mal, on a l’impression qu’on ne se sortira jamais la tête de l’eau. En réalité Il n’y a pas de logique dans la chance, pas de cycle, elle n’a pas de mémoire. Croire que ça finira par tourner car on bad-run est le pire des leurres.Croire que l'on sera gagnant à vie l'est tout autant.

En début d’année, lors de mon coaching en cash-game par Jessy, j’ai beaucoup posté à propos de mes sessions. Comme vous le savez, finalement,  j’ai broke ma bankroll sur Ongame. Un brokage c’est violent, très difficile à vivre car il vient comme vous planter un sabre dans votre ego. C’est pourquoi, même quand ça va pour le mieux, je crois qu’il faut toujours avoir beaucoup d’humilité par rapport à ce jeu. Le brokage guette tous les joueurs de poker, sans exception. Ce sont les risques du métier comme dirait l’autre, le prix à payer pour l’un des derniers espaces de liberté qui nous est offert dans une société qui veut tout formater.

Pour en revenir à Jessy, je dois dire que j’ai énormément appris à ses côtés. Je lui dois bien évidement une bonne partie de ma réussite actuelle. Au moment de mon brokage justement, après review mes sessions, il me disait « Chris, tu as largement le niveau de la NL50, mais tu déchattes ! Je ne pourrais pas beaucoup plus t’aider à mon niveau ». Finalement, je comprenais que Jessy n’était donc pas le marabout secrètement espéré… malgré tout son talent il n’avait pas les clés du coffre à chatte. Ses coachings précédents (Kingyoann et Supercrapeau), avaient accouché de résultats plus que probants. J’avais comme la désagréable impression d’être le cancre de la classe, celui qui ne réussirait jamais...

Je me suis livré à l’époque sur ce blog. J’ai parlé de mon mal être, j'ai whiné. En retour, j’ai eu des commentaires bien différents :

- Ceux qui me disaient qui me la chance allait finir par tourner : ça part forcement d’un bon sentiment et il est naturel de réconforter celui qui va mal… Pourtant, au fond de moi et connaissant que trop bien la variance, je savais que rien n’était moins sûr. Bad run 4 life me disais-je à l’époque.

- Ceux qui vivaient la même chose que moi et qui étaient un brin fataliste. Je pense bien entendu à Rincevent en 1er lieu.

- Ceux qui apportaient des critiques constructives, tentaient de me donner des conseils cohérents et m’envoyaient des signaux pour me faire comprendre que j’étais en life tilt. Je pense à Nantais, Kipik et quelques autres.

- Ceux qui du côté de la Meuse ou d’ailleurs ne voyaient pas (et ne voient toujours pas) d’avenir pour moi dans le cash-game. Pour le moment, le vieux sage à raison ! Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas réussi à prouver que j’avais la capacité de réussir dans le « format roi » sur le moyen terme. Pourtant, je sais que je n’ai pas dit mon dernier mot. I’ll be back en cash-game un jour ou l’autre, mais je vais prendre mon temps.

- Ceux qui me disaient que tout était la faute au logiciel truqué dont j’étais une victime tout comme eux.

- Ceux qui me disaient de repartir incognito comme Raver. De changer de poker-room et de pseudo pour m’enlever de la pression.

- Et pour conclure, il y avait les hyènes et les rats d’égout. Ceux qui sont attirés par l’odeur du sang et de la merde. Ceux que vous ne voyez jamais quand tout va bien car vous les énervez pour une raison ou une autre. Ceux qui ne sortent de leur terrier pour venir sur ce blog que lorsque rien ne va plus. « Des joueurs de poker » qui n’ont jamais prouvé et qui n’hésitaient à me faire comprendre que je n’étais qu’un fish. Ceux qui n’ont pas supporté qu’à un moment donné ou un autre que je leur dise ce que je pensais d’eux. A ceux-là, je vous le dit si vous ne l’aviez pas tout à fait compris : je vous emmerde bien profondément.

Je vous laisse donc sur ces mots Xewodiens (lol). Je reviendrai dans un prochain article sur les modifications que j’ai apporté à mon jeu en MTT.

Publié dans Humeur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

jm.optimise 28/10/2011 17:07



J'arrive en retard, mais très bon article ! La variance est la pire chose à gérer pour un joueur de poker. Un bad-run amène un manque de confiance, du tilt... tout comme un good run nous fait un
peu trop rêver, et on se relache trop facilement, pensant dominer la planète poker alors qu'il s'agit d'un simple rush, et qu'il nous restera toujours beaucoup à apprendre.


La tête sur les épaules, le travail et le mental ! C'est la recette du long terme !


ps : tu as le niveau en cash, je te le redit, suffit de regarder ta courbe d'all-in ev, et si ce petit paramètre de la chatte avait été respecté, tu aurais été nettement gagnant !



Xewod 26/10/2011 12:09



@Corsaire : J'aime bien aussi écrire des articles sur LMDB Meme si le ton est plus léger


 


@Devil : merci Nico, au plaisir de te recroiser en live


 


@MArcico : merci pour ce comment bien sympa ;) Pour les fûts de bière pas de problème :)


 


@Titi : merci amigo


 


@Ricardoc : Ouais, mais je vais essayer de ne pas trop en dire non plus


 


@Winamini : Pialat j'adore :) Vodka miam :)


 


@Paplas : +10000


 


@Léo : Ben merci pour l'offre Léo. Avec plaisir quand je décide de m'y remettre. On en reparlera devant une barrique (ninja)


 


@Stefal : toujours cru que la Meuse passait en Belgique et près de Tournai Jolie L'escaut, c'est bon ?


 


@MOUTON : pas de gros mots sur ce blog. Merci ^^


 


@Louiseur : ça va me passer ^^


 


@Aldanjah : effectivement ça semble le support le mieux adapté


 


@Betonline : Ou il veut quand il veut Nadal


 


@Kkof : TY Carlos


 


 



Xewod 26/10/2011 11:44



@BrDuke : au plaisir de te revoir aussi Bruno


 


@Yoann : Tu l'as dit 


 


@Mad_Thorgal : merci pour ce long comment :) Pour le plaisir


 


@Nantais : Merci pour ton comment. Dans l'absolu, il n'y a pas suffisamment de tournois sur PS pour lisser la variance. Sinon, oui je pense pouvoir tenir le rythme. Ce n'est pas si important que
ça. Les gros grinders doivent facilement faire 3 ou 4 fois plus de MTT par mois.


 


 



KKof 26/10/2011 10:09



Franc et droit, ne change pas et garde cette honnêteté qui te caractérise.



betonline06 26/10/2011 08:41



Excellent article: tous les (vrais) joueurs se sentent concernés. Si la part de chance n'existait pas, nous ne jouerions pas au poker.


Reflechissez: vous pouvez jouer au tennis 1000 x contre Nadal, vous perdrez 1000x. Idem avec tous les grands sportifs. Par contre, vous pouvez vous assoir 1000 x avec Ivey et vous aurez peut etre
une chance de le battre... pourquoi? parce que la chance existe au poker. En tout cas, c'est pour cela que j'aime le poker car il permet de se retrouver à la meme table que des champions et
d'avoir toute de meme un infime chance de gagner mais avant tout comme l'a précisé brduke, il faut que cela reste un PLAISIR.